Grâce aux dessins de Michel Bouillot, il est aujourd’hui possible d’imaginer le lavoir de Boisy tel qu’il se présentait au milieu du XIXème siècle. Bien que cet édifice ait aujourd’hui disparu, son histoire demeure intimement liée à celle de la commune et de ses habitants.

Situé en contrebas du village, au bord du ruisseau de Boisy, le lavoir occupait un emplacement particulièrement agréable. Si le bâtiment n’existe plus, les arbres qui l’entouraient sont toujours présents et le ruisseau poursuit son cours, témoins silencieux de ce patrimoine disparu.

Une construction longtemps attendue

Au milieu du XIXème siècle, Chevagny-les-Chevrières ne possédait aucun lavoir public. Les habitants réclamaient depuis plusieurs années un lieu permettant de laver le linge dans de bonnes conditions.

Le 25 juin 1848, le conseil municipal décide donc de lancer le projet de construction d’un lavoir à Boisy, profitant d’une source abondante située dans un endroit particulièrement favorable. Les travaux sont évalués à près de 1 500 francs, une somme importante pour l’époque.

Afin de réduire les dépenses, les habitants proposent de participer eux-mêmes au chantier en réalisant bénévolement les travaux de terrassement. Après l’autorisation préfectorale obtenue en 1849, le lavoir est finalement achevé en 1850.

Comme beaucoup de réalisations communales de cette époque, sa construction coûta davantage que prévu en raison de l’augmentation du prix des matériaux.

Un lieu de vie

Durant de nombreuses décennies, le lavoir de Boisy fut un lieu de rencontre incontournable. Les lavandières y accomplissaient une tâche quotidienne souvent pénible, mais le lavoir était également un espace d’échanges où circulaient les nouvelles du village.

En 1855, son succès est tel que le conseil municipal instaure une réglementation destinée à réserver la priorité aux habitants de Chevagny-les-Chevrières. Les personnes extérieures à la commune devaient s’acquitter d’une modeste redevance pour pouvoir utiliser le lavoir.

Un déclin progressif

À partir de la fin du XIXème siècle, la construction d’un nouveau lavoir au cœur du bourg, plus proche des habitations et alimenté par une eau moins froide, entraîne une baisse progressive de la fréquentation du lavoir de Boisy.

Celui-ci continue néanmoins d’être entretenu pendant plusieurs décennies. Les archives communales témoignent de réparations régulières concernant la toiture, la canalisation ou la maçonnerie.

Au fil du temps, son utilisation devient toutefois de plus en plus rare. Les délibérations du conseil municipal évoquent progressivement son démontage, la vente d’une partie des pierres puis le remblaiement de l’ouvrage au début des années 1980.

Les derniers vestiges seront finalement démolis quelques années plus tard, tout en permettant la sauvegarde d’un certain nombre de pierres anciennes.

Une seconde vie pour les pierres

Une partie des matériaux récupérés lors du démontage a été réemployée dans l’aménagement de l’espace du Four à Pain. D’autres pierres sont toujours conservées par la commune, dans l’espoir qu’elles puissent un jour retrouver une nouvelle utilité au sein d’un projet de valorisation du patrimoine.

Un patrimoine qui demeure dans les archives

Si le lavoir de Boisy a disparu du paysage, il reste très présent dans la mémoire de la commune grâce aux dessins de Michel Bouillot et aux nombreuses délibérations du conseil municipal, qui retracent avec précision sa construction, son utilisation puis sa disparition.

Ces documents constituent aujourd’hui un précieux témoignage de la vie quotidienne des habitants de Chevagny-les-Chevrières au XIXème et au XXème siècle.